Sur la route des Incas - Jour 7 - La run de lait
- Jean-Francois Cyr
- 14 août 2016
- 5 min de lecture
C'est déjà le temps de dire au revoir à Puno et se diriger vers notre prochaine destination: la région de Cusco. Nous n'avons pas de chauffeur privé cette fois-ci, nous devons effectuer le transfert par autocar. Notre guide de Puno, Teresa, est de retour avec nous et nous accompagnera pour le trajet. Le transfert en autocar est un mélange de transport et de tour guidé. Sur les 300 quelques kilomètres entre Puno et Cusco, nous allons faire 5 arrêts, dont deux sites archéologiques.
6h30 - Arrivée au terminus
Nous arrivons au terminus d'autobus de Puno à 6h30. Des dizaines de compagnies compétitionnent pour vendre un billet. On n'est pas dans un monopole d'Orléans Express ici. Les garçons derrière les comptoirs appellent les gens. J'ai de la difficulté à comprendre le mot qu'ils disent, mais c'est dit sur le même ton que les scalpers autour du Centre Bell (tickets... tickets).
Teresa arrive avec les billets. L'autobus est rempli d'un groupe anglophone / espagnol. Ces derniers seront jumelés avec le guide de la compagnie de bus. Nous sommes jumelés avec une famille de français et c'est Teresa qui sera notre guide.
L'autocar est de luxe: place réservée, salle de bain et hôtesse qui fait le service (oui, oui, comme sur un avion).
7h00- Départ
On quitte à 7h00 pile. Le début de la route est assez ennuyeux. On remonte vers le nord pour traverser la ville de Juliaca, un bouchon de circulation perpétuel. Après une heure, on réussit à s'échapper de Juliaca et rejoindre la route vers Cusco.
9h30- Arrêt à Pucara
Notre premier arrêt est pour visiter la ville Pucara qui abrite un site archéologique du même nom. Ce peuple pré-Inca a monté un empire presque aussi gros que celui des Incas pendant plus de 600 ans (200 av JC à 400 apr. JC). En fait, l'empire Inca a accompli beaucoup de choses, mais en très peu de temps (environ 100 ans). Il y a eu plusieurs autres empires en Amérique du Sud qui ont duré plus longtemps.
Il ne reste malheureusement pas grand chose du temple. Les espagnols avaient l'habitude de tout détruire les sites religieux païen pour déployer la religion catholique.
Les fondations restantes sont quand même impressionnantes à voir de près. On voit que le site est monté sur 7 paliers, ce qui représente les 7 couleurs de l'arc-en-ciel. Il a aussi été construit devant une grande montagne que les shamans voyaient comme Apu, le dieu protecteur de la Pachamama (la terre mère).



Chose comique, lorsque les espagnols sont arrivés dans la région, ils ont voulu construire une église juste à côté du site. Cependant, ils ont rapidement vu que l'endroit était trop petit. Ils ont donc abandonné la construction et ils ont construit l'église plus loin en ville. On voit encore les fondations de l'église inachevée sur le site. On voit les niches pour les statues et l'endroit où l'hôtel devait être construit (en haut des marches à droite).

Autre chose intéressante: partout sur les arches qui mènent aux demeures, on retrouve des statues de deux taureaux:

La légende dit que pendant une longue période de sècheresse (l'eau est toujours un problème dans le altiplato de Puno), un paysan a décidé d'apporter un de ses meilleurs taureaux tout au haut de la montagne derrière le temple pour le sacrifier et implorer les dieux à avoir de la pluie. Lorsqu'il est arrivé en haut, le taureau a posé sa corne au sol et a percé la pierre. Puis, du trou fait par le taureau, l'eau s'est mise à couler. Depuis ce temps, les taureaux sont un signe de bonne fortune dans la maison.
Après la visite du site, on descend à la ville pour une visite éclair du musée local, qui abrite des sculptures et des poteries trouvées sur le site. Malheureusment, les photos étaient interdites.
À 10h00, on est dans le retour dans le bus.
11h00 - Arrêt au col de La Raya
On s'arrête 10 minutes au col de La Raya. C'est l'endroit le plus haut du parcours (4360m) et la ligne de démarcation entre la région de Puno et la région de Cusco. Le paysage est impressionnant et rappelle les Rocheuses canadiennes. Il y a aussi beaucoup de vendeuses de produits textiles.


12h50 - Arrêt pour le lunch
Nous arrêtons pour le lunch dans un resto-buffet de touriste. Un jeune brésilien de Sao Paulo se joint à nous pour le lunch et nous échangeons avec lui sur nos expériences de voyages. Il a décidé de prendre 1 mois de vacances et visiter l'Amérique du Sud. Il a commencé son voyage en Bolivie, où il a effectué une traversée d'un désert pendant 4 jours, seul, à plus de 5000m d'altitude. Wow, pas mal courageux. Après sa tournée du Pérou, il va aussi faire la Colombie et l'Équateur. Je pense qu'il va voir beaucoup d'autobus!

13h30 - Visite des ruines de Raqchi
Après le lunch, on remonte dans l'autocar pour 15 minutes pour se rendre aux ruines de l'ancienne ville de Raqchi. Cette ville Inca montre bien les connaissances architecturales de ce peuple. D'abord, le village était entouré d'un haut mur de pierre. Au centre, un temple en l'honneur de la fertilité (autant humaine que agricole). Les petits toits sur le dessus du mur ne sont pas d'époque, mais ont été ajoutés pour le protéger de la pluie et l'érosion. On voit dans la 3e photo ci-dessous à quoi le temple devait ressembler au 16e siècle.



Derrière ce temple, on trouvait les demeures des nobles. La rue qui sépare les maisons est parfaitement alignée avec le solstice d'été, le 21 décembre (début de l'été pour eux). Lors de cette journée, le soleil se lève exactement entre les maisons.

Finalement, derrière ces maisons, on retrouvait les greniers dans lequels on gardait les récoltes de mais, de quinoa, de viande séchée et de pommes de terres. Il y avait des dizaines de ces greniers, remplis de provisions. Quelque-uns ont été restaurés, mais la majorité sont maintenant en ruines.


15h30 - Visite de la "chapelle Sixtine des Andes"
Notre dernier arrêt est dans la ville de Andahuaylillas qui abrite une église qui est surnommée la "chapelle Sixtine des Andes".

Malheureusement encore, les photos étaient interdites. Je dois donc prendre des photos provenant de l'internet.
J'ai visité plusieurs églises dans mes voyages, dont la vraie chapelle Sixtine. Je crois qu'il n'y a que deux fois où j'ai eu le souffle coupé en entrant, ébahi par la beauté de l'église et touché profondément par sa première impression: St-Pierre-de-Rome (à Rome) et la cathédrale St-Isaac (à St-Petersburg). L'église Andahuaylillas est maintenant la troisième.
Les petites photos que j'ai pu trouvé ne lui rendent pas honneur. L'or, les fresques, l'autel majestueux, les statues vous assaillient immédiatement. L'église n'est pas grosse, mais il y a tellement à prendre qu'on est époustouflé. J'ai lâché un "wow" malgré moi et croyez-moi, je n'étais pas le seul.
Les décorations mélangent des éléments des croyances Inca et de la religion cathlolique. Les prêtes espagnols tentaient d'attirer le peuple de la région. En combinant les croyances, c'était plus facile de la assimiler. Par exemple, une niche montre une magnifique statue de la vierge Marie. De chaque côté, on voit des sculptures de sirènes en bois. Ces dernières rappelent la divinité de l'eau, un élément important des croyances locales.
Si vous faites une visite dans la région de Cusco, il faut absolument que vous venez voir cette église.





17h30 - Arrivée à Cusco
Après un peu plus de 10h00 dans l'autocar, nous arrivons finalement à Cusco. Demain, nous avons une journée libre, où nous allons pouvoir l'explorer. Je vous laisse avec un photo de la plaza principale, au coin de notre hotel:

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